Une année avec Nicolas

éleveur salarié dans une exploitation mixte en chèvres et vaches allaitantes, dans l'Indre

Nicolas a 25 ans, il est originaire du milieu agricole, et il est passionné par ce métier depuis tout petit. Il a donc suivi un Bac Pro CGEA et un BTS ACSE en alternance dans la région Rhône-Alpes, puis un CS Ovin Viande à Montmorillon, dans la Vienne. Après avoir travaillé un moment sur l’exploitation où il était en stage pendant sa formation (en ovin viande), il travaille aujourd'hui dans une exploitation élevant des chèvres laitières et des vaches allaitantes. Originaire de Savoie, il souhaite s’installer dans quelques années dans ce département ou dans une autre région montagneuse. En attendant il veut approfondir ses compétences et gagner en expérience en travaillant sur différentes fermes.

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Mars 2020

La crise du Covid menace les ventes d'agneaux

La crise sanitaire mondiale que nous traversons ne nous empêche pas de travailler et c’est tant mieux. Cependant, les ventes des agneaux sont très compliqué puisque le groupement freine au maximum le ramassage des agneaux car il y a très peu de vente en ce moment malgré l’arrivé de la fête de pâques. C’est un souci majeur car beaucoup d’agneaux vont atteindre leurs poids idéal dans les prochaines semaines. Espérons que la situation s’améliore rapidement.

Heureusement cette crise ne bouleverse pas la vie des brebis, et les Charmoise commence à mettre bas tranquillement, leurs agneaux sont vigoureux et les mères très maternelles. Les Inséminations artificielles ont été réalisées sur trois cents brebis et nous espérons qu’il y aura beaucoup de réussite et d’agneaux pour le mois d’Août. La plupart des brebis sont maintenant à l’extérieur et profitent des journées douces que nous offre ce mois de Mars.

Dans les champs du trèfle, de la fétuque et enfin du Dactyle ont été sursemé afin d’augmenter la densité d’herbe produite sur certaines prairie un peu fatigué.

Février 2020

Entre l'élevage et le Salon ...

Qui dit Février dit début du salon international de l’agriculture à Paris. Et cette année j’ai eu la chance de participer aux Ovinpiades en tant que juré. C’était la 15ème édition et à cette occasion ils ont invité les anciens gagnants des années précédentes dont je fais partie (en 2017). Cette journée a été riche puisque j’ai revu d’anciens participants, j’ai eu le plaisir de faire partie du jury de l’épreuve « génétique » qui a été vraiment passionnant et surtout j’ai pu rencontrer d’autres jeunes qui sont passionné comme moi par l’élevage ovin. Il y a environ 750 participants pour ce concours en France, seul 41 sont sélectionnés pour la finale à Paris. Les jeunes sont jugés sur une épreuve théorique et six épreuves pratiques.

Sur la ferme les premiers agneaux nées au mois de novembre et de décembre grandissent vite et il est temps de les sevrés. Certains ont déjà atteint les 38 kg ! Après quelques jours de plus à l’intérieur après le sevrage les brebis ressortent à l’extérieur depuis le mois de Novembre. Et c’est un réel plaisir de les voir se régaler en mangeant de l’herbe fraîche. L’hiver doux que nous avons jusqu’à maintenant a permis à l’herbe de continuer à pousser convenablement et nous avons pu offrir aux brebis de beaux couverts. Les couverts végétaux sont implanté entre deux cultures, ils permettent surtout de recouvrir le sol, de stocker de l’azote pour les prochaines cultures et de créer de la matière organique (et bien plus encore).

Janvier 2020

Ça y est l’agnelage se termine. Le bilan est dans l’ensemble positif. La pesée du PAT 30 du premier lot a été réalisée en début du mois.

Le Poids Age Type à 30 jours est une estimation du poids que fait l’agneau à son trentième jour afin de le comparer aux autres. La pesée peut être faite pour les agneaux qui ont entre 21 et 46 jours. Grâce à ce PAT, à celui réalisé à 70 jours et aux performances des ascendants de l’agneau, des index sont établis. Il y a la valeur laitière et la croissance. Ces index font partie des critères qui vont permettre de nous aider à choisir les agnelles et les béliers qui seront gardés pour la reproduction du troupeau ou pour la vente à d’autres éleveurs.

Le dispositif anti passage d’agneau a été mis en place sur toute une longueur du couloir d’alimentation et il y a maintenant beaucoup moins d’agneaux qui arrivent à passer. Les autres premiers nés n’arrivent plus à passer à travers les cornadis car ils sont trop gros maintenant.

Décembre 2019

L'agnelage bat son plein

Ça y est, l’agnelage s’est accéléré en ce début de mois. Les agneaux sont vigoureux et les mères s’en occupent bien dans l’ensemble. Il y a beaucoup de doubles et quelques triplés chez les Romanes. Le lot de brebis Charmoise (36 brebis) est fidèle à la race, 1.2 agneaux par brebis, ils sont beaux à la naissance et aucun n’a eu besoin de mon aide pour naître et pour trouver le pis de leur mère. Plus de 350 agneaux sont nés au cours de ce mois.

Très vite je me suis aperçu d’un problème majeur dans cette nouvelle bergerie, le couloir d’alimentation est trop bas et rien n’empêche les agneaux d’aller et venir dans le couloir d’alimentation. C’est une vraie problématique car certains se retrouvent au milieu des brebis qui n’ont pas mis bas et ont du mal à retrouver leur chemin jusqu’à leur mère. Il faut donc bien surveiller qu’ils soient dans le bon lot. Nous avons donc vite décidé que nous installerions le même système que les éleveurs qui ont gagné le prix du berger futé au salon de Bellac « Tech Ovin ». Je vous en reparlerais lorsqu’il sera mis en place. De plus, ils étalent le fourrage de partout et ils courent entre nous, nous gênant pour distribuer l’alimentation (c’est assez amusant au début puis ça devient vite agaçant au bout de quelques temps). Dès que nous ouvrons les portes ils sortent dehors et il faut faire bien attention que tout le monde soit à l’intérieur lorsque nous les refermons.

Mis à part ça, l’agnelage ce passe bien et à partir du 15 décembre les mise bas sont moins nombreuse par jour. Cette période, même si elle est éprouvante, est passionnante et c’est l’une de mes préférés dans l’élevage.

Dans les champs l’herbe ce fait de plus en plus rare et il faut amener du foin aux brebis pour pallier ce manque.

Novembre 2019

Du changement dans l'air

Nicolas a démarré dans son nouveau poste de responsable de l'atelier ovin

Il y a eu un grand changement ce mois-ci, puisque je ne travail plus sur la même exploitation depuis la mi-novembre. J’ai accepté le poste de responsable d’un l’atelier ovin sur une exploitation d’un lycée agricole. Je suis très content d’avoir accepté ce poste puisqu’il va me permettre de travailler avec plus d’autonomie et de liberté ainsi que de travailler dans la production qui me passionne le plus. Il y a 800 brebis environ, réparties en deux races : la Charmoise et la Romane. Ce sont deux races qui ont des caractéristiques bien différentes et ce sera très intéressant je pense de les élever toutes les deux. Cette exploitation élève également des chèvres laitières, des vaches allaitantes et des chevaux.

J’ai pu commencer à découvrir le troupeau avec la pesée des agneaux qui sont nés en Août et Septembre ainsi que par la tonte des brebis qui ont commencé à agneler à la fin du mois de Novembre.

Le troupeau de Charmoise est en sélection, ce qui veut dire que l’un des objectifs est de vendre les mâles et les femelles comme reproducteurs à d’autres éleveurs. La génétique m’a toujours intéressé et de pouvoir élever un troupeau comme celui-ci va être très passionnant.

J’ai pu également inaugurer une nouvelle bergerie qui venait tout juste d’être construite. Elle est dans l’ensemble fonctionnelle et permet d’avoir de bonne condition de travail. Les premiers agneaux nés sont vigoureux et la plupart des Romane ont des doubles (« jumeaux ») voir plus. Les Charmoises quant à elle font en majorité un agneau.

Octobre 2019

Notre lait est transformé en fromages

des fromages produits sur la ferme de Nicolas avec du lait de chèvres

Le lait de chèvre produit sur l’exploitation est transformé en Pouligny Saint Pierre. Ce fromage a obtenu son appellation en 1972, c’est le premier à l’obtenir dans le département. C’est un fromage au lait cru entier. Sa forme particulière de forme pyramidale représente le clocher de l’église du village de Pouligny Saint Pierre d’où il tient son nom.

Les étapes de la fabrication :

-le lait est tout d’abord ensemencé avec des ferments lactiques qui permettent le développe des bactéries à l’origine du fromage

-Le PH du lait est mesuré avant de mettre la présure, il doit se situer au tour de 6.4 (la température est mesurée et est également importante). Grâce à la présure, le lait va se séparer en deux parties : le caillé et le petit lait.

-Le caillé est mis ensuite dans des moules qui ont été préalablement arrosé du petit lait.

-Ils vont s’égoutter naturellement puis ils sont tassé (ou lissé). 24h plus tard les fromages sont retournés puis démouler le lendemain. Ils sont ensuite salés.

-Ils vont ensuite passer 2 jours dans le séchoir. Puis ils sont transférés dans le hâloir où ils resteront entre 5 et 7 jours. C’est ici que ça couleur bleuté va commencer à apparaître. Ils sont ensuite posé sur des paillons à l’intérieur de caisses en bois avant d’être emmené dans une chambre froide où ils vont continuer de s’affiner selon les goûts des consommateurs et finir de ce recouvrir de sa croûte. Le Pouligny Saint Pierre peut-être dégusté à partir de 11 jours après la date d’emprésurage et jusqu’à 2 mois.

Septembre 2019

Les chèvres font un tour de manège... en salle de traite

Les chèvres sont traites dans une salle de traite rotative

Ce mois-ci je vais vous parler d’une activité qui est réalisée deux fois par jour avec les chèvres : la traite. La salle de traite est un endroit où les animaux passent beaucoup de temps et les éleveurs aussi, elle doit donc être fonctionnelle et doit permettre de réaliser une traite qui ne doit pas dépasser une heure de temps. Sur l’exploitation c’est une machine de traite rotative qui est installée. C’est un système qui fonctionne en cercle. À l’endroit où elles rentrent les chèvres sont équipées des manchons trayeurs, arrivant à la fin d’un tour je peux voir (grâce à une caméra) si la chèvre est finie d’être traite, si c’est le cas le cornadis s’ouvre et elle peut sortir sinon j’appuie sur un bouton et la chèvre refait un tour en repassant devant moi, ce qui me permet de la rebrancher après avoir vérifié qu’il lui restait encore bien du lait. Cette technique permet de traire beaucoup de chèvre en peu de temps.

L’hygiène de la traite est très importante. En effet, la salle de traite et la roto doivent être quotidiennement nettoyées. Car, lors de la traite, les sphincters de la chèvre (muscle à l’extrémité du trayon permettant de retenir le lait ou de le laisser passer) s’ouvrent et il y a plus de risques à ce moment-là que des bactéries puissent rentrer dans la mamelle.

Pour les jeunes chèvres les premiers passages à la salle de traite sont toujours délicats. C’est un endroit qu’elles ne connaissent pas et elles sont donc stressées. Cependant après quelques passages, voyant qu’aucun problème ne leur est arrivé, elles prennent vite l’habitude de ce passage quotidien et deviennent même souvent les premières à monter sur la roto en début de traite.

Août 2019

Le Menu du jour pour les chèvres :

alimentation des chèvres chez Nicolas

Après avoir parlé des différentes récoltes pour l’alimentation du troupeau ; parlons de la ration des chèvres laitières. Leur ration de base est composée à 60% de foin de Graminée (de l’herbe, le plus souvent du Ray Grass d’Italie) et de trèfle ainsi que de 40% de foin de luzerne. Elle est donné deux fois par jour à la fin de la traite après que les refus soit retiré et le couloir d’alimentation balayé.

En période de lactation les chèvres ont à leur disposition, dans les DAC (Distributeur Automatique de Concentré) un mélange de maïs, d’orge et un complément (composé de divers tourteaux, pulpes et minéraux)  qui est acheté pour équilibrer la ration. Administré 4 fois dans la journée afin de favoriser une bonne digestion, sa quantité est individuelle et évolue selon les besoins physiologiques des chèvres. Lorsqu’il est temps pour des chèvres de produire moins de lait pour arriver petit à petit au tarissement (environs 2 mois avant les mises bas) la luzerne est remplacé par du foin et les céréales sont diminuées.

Elles ont également à volonté des blocs de sel, leurs permettant de ce réguler d’elle-même pour ce minéral.

Juillet 2019

Canicule et pannes en série

Le mois de Juillet a été compliqué pour les animaux à cause des fortes chaleurs continues, ils ont passé ce moment du mieux qu’ils ont pu. Comme à la fin du mois de Juin ils mangeaient moins et buvaient plus que d’ordinaire.

Cependant, l’avantage majeur de ce temps très ensoleillé est qu’il nous a permis de récolter dans de bonne condition la céréale qui sera consommée par les animaux sur l’exploitation : l’orge. Malgré quelques pannes majeures sur la moissonneuse batteuse, l’orge a été récoltée dans des conditions optimales avec un taux d’humidité très bas ce qui a un impact positif sur sa conservation, permettant de fournir aux animaux une céréale de qualité tout au long de l’année.

Les rendements moyens en blé et en orge ont été corrects, cependant le colza n’a pas été au niveau espéré, au vu des conditions de son développement. Le blé est entièrement stocké sur l’exploitation afin de le vendre petit à petit selon l’offre et la demande.

En fromagerie nous avons eu le moteur du hâloir qui est tombé en panne pendant les fortes chaleurs et sûrement à cause de celle-ci. Même si cet incident a été vite résolu, les formages ce trouvant à l’intérieur ont augmenté en température pendant quelques heures, ce qui a eu pour effet de les rendre coulant très rapidement. Même si certains clients les préfèrent avec cette texture, il est moins facile de les conditionner et de les conserver longtemps, puisqu’ils vont plus facilement se déformer et coller aux grilles puis aux paillons sur lesquels ils sont affiné.

Juin 2019

Un mois de juin caniculaire

récolte foin chez nicolas, éleveur salarié vaches allaitantes et chèvres laitières

Ce mois de Juin a été particulièrement contrasté au niveau du temps. Le début du mois était rythmé par les orages et la fin du mois a été impressionnante par ces fortes chaleurs (comme dans toute la France).

A quelques kilomètres de l’exploitation des cultures entières ont été détruite par la grêle chez d’autres éleveurs. Le travail d’une année entière est massacré en quelques minutes.

En fin de mois, à cause de la chaleur et de l’humidité extérieure, il était difficile de réguler correctement l’hygrométrie dans la fromagerie, ce qui a une mauvaise influence sur l’affinage et la tenue des fromages (leurs textures).

Les boucs ont été mis avec les chèvres (seulement les chèvres qui ont mis bas à l’automne et au printemps 2018) une partie du mois de Mai et tout le mois de Juin pour des mise bas prévu à l’automne, afin de répondre aux fortes demandes anticipées de la fin d’année.

Avec cette chaleur les chèvres et les vaches ont eu tendance à moins manger et beaucoup boire d’eau. Un peu comme nous.

La fin du mois a été intense au niveau de la fenaison, un stock conséquent de foin de luzerne et de ray-grass-trèfle est maintenant réalisé. Les conditions étaient bonnes pour sécher correctement le ray-grass d’Italie qui est une herbe plus difficile à conserver en foin que les autres, puisqu’elle contient beaucoup d’eau et a des feuilles très large, ce qui rend son séchage plus long.

Mai 2019

On produit des fourrages pour cet hiver

Voilà maintenant 4 mois que j’ai commencé à travailler dans cette exploitation, où j’ai été très bien accueilli. Les plus jeunes chevrettes on maintenant plus de 3 mois et il est temps pour elles d’arrêter le lait à volonté pour passer petit à petit à une alimentation de chèvre adulte. Elles se sont même très vite adaptées dans l’ensemble.

Du coté des champs, l’enrubannage de foin c’est fini ce mois-ci, le stock pour l’alimentation des vaches du prochain hiver est maintenant presque complet.

Les premières coupes de foin ont été réalisées grâce à quelques jours secs, accompagnés de vents qui ont accéléré le séchage, ce qui nous a permis de le presser plutôt que prévu.

Les chèvres qui ont mis bas en Février sont maintenant au sommet de leur production journalière, il y a donc beaucoup de fromages en stock dans les chambres froides.

Le mois a été plutôt pluvieux et a permis aux graines de luzerne semées au cours du mois de germer rapidement.

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