Une année avec Mathieu

éleveur de vaches laitières dans l'Ain

Mathieu, 32 ans, vit à Courtes dans l’Ain en Auvergne-Rhône Alpes. Il y est éleveur de vaches laitières en association avec son père, son frère et son voisin. Tous les 4 exploitent plus de 200 hectares qui permettent d’alimenter les 140 vaches Prim’Holstein et les futures mères du troupeau. Mathieu est également énergiculteur puisque le lisier (fécès) des vaches va dans un méthaniseur, ce qui produit l’équivalent de la consommation d’énergie de 50 foyers. Il a également des responsabilités dans le monde agricole (JA, CRIEL Sud Est, GDS) et est passionné de concours de vaches. Plus d'informations en images ICI.

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Une année avec / Mathieu
Juin 2018

Un mois de juin anormalement compliqué

Les 15 premiers jours de juin ont vu se succéder de nombreux orages et d’énormes quantités de pluies sont tombées sur ma ferme. Cela a provoqué l’inondation… :

– de mes prés de fauche > l’eau a apporté de la terre qui s’est déposée sur l’herbe destinée au foin et le mauvais temps a repoussé sa récolte.

– du maïs déjà semé > à cause de l’excès d’eau il a fallu le biner pour à la fois aérer le sol et désherber mécaniquement (permettant ainsi de réduire l’usage de produits phytosanitaires).

C’est ça aussi le métier d’agriculteur : on travaille en extérieur avec la nature et ses inconvénients mais aussi et le plus souvent heureusement avec ses avantages. C’est un plaisir de voir évoluer les saisons et ces couleurs.

 

Ensuite au retour du soleil, il a fallu tout faire en même temps : les foins, la fin des semis de maïs et commencer à moissonner (récolter) les orges pour fabriquer une bonne bière locale mais à cause de cet excès d’eau le rendement a été moyen. La quantité de foin est au rdv mais j’ai perdu un peu de qualité nutritive.

Pour pallier ces mauvaises récoltes, nous avons fait le choix de semer du maïs derrière l’orge afin d’assurer une culture supplémentaire. Nous avions également fait le choix de souscrire à une assurance nous permettant de couvrir les charges.

Pendant ces 15 derniers jours, j’ai donc passé beaucoup de temps dans le tracteur. Qui dit tracteur dit radio ! Du coup ça m’a permis de suivre la Coupe du monde depuis la cabine climatisée et même pendant la traite on trouve toujours des combines pour garder un œil sur le match ! Allez les bleus !

Mai 2018

Un mois de mai compliqué

Autant le mois de mai est généralement un mois avec une grosse charge de travail mais quand il fait beau tout se passe bien ! Sauf que cette année, nous avons eu un mois de mai avec beaucoup d’orages ce qui a compliqué tous les travaux…

 

Tout d’abord nous avons fini de mettre les génisses (les vaches adolescentes !) à l’herbe car étant donné que les terrains étaient humides en avril, nous n’avions pas pu toutes les sortir avant.

 

Ensuite, nous avons récolté l’herbe en vert c’est-à-dire que nous l’avons fauchée puis récoltée à l’ensileuse (grosse machine qui hache l’herbe) pour la stockée dans un silo bâché. Cela permet à ce gros tas d’herbe, sans contact avec l’air, de fermenter ce qui enrichi en sucre le futur aliment des vaches cet hiver.

Nous avons aussi fait un peu de foin, essentiellement de luzerne. Cette légumineuse permet de fertiliser le sol et en plus c’est un aliment très bon pour les vaches laitières car le foin est enrichi en protéines et en fibres. Malheureusement à cause du mauvais temps, nous avons été obligés d’utiliser notre séchoir à bottes rondes qui est alimenté en chaleur grâce à la méthanisation. C’est déjà une chance pour nous d’avoir cet équipement ! Mais les mauvaises conditions de récolte diminuent la qualité de cet aliment et nous ne pourrons pas tout sécher…

 

Nous avons également préparé le futur maïs. Nous avons d’abord labouré (retourné) les terres sur lesquels nous avions semé des couverts végétaux pour protéger et enrichir les sols. Nous avons épandu du lisier dessus juste avant car cela permet d’apporter de l’engrais naturel au futur maïs, puis nous avons nivelé le sol avec une herse avant d’implanter le maïs.

 

Sans oublier que nous avons eu une vingtaine de vêlage ce mois-ci !

Avril 2018

Pédicure pour nos vaches

Au mois d’avril, pour la première fois depuis que je suis installé, j’ai fait intervenir un pareur pour faire une séance de pédicure à mes vaches. Le parage signifie que nous taillons les ongles des vaches pour que leurs sabots soient bien plats.

Avant nous faisions le parage nous même, qu’en cas de soucis, mais nous souhaitions faire ça plus systématiquement pour le bien être de nos animaux et dans de bonnes conditions. Nous n’étions pas équipés et le coût d’une cage de parage est très élevé. Aujourd’hui, faire appel à un professionnel est vraiment un plus.

L’objectif est de faire venir le pareur tous les deux mois pour parer progressivement les vaches taries, c’est-à-dire les vaches gestantes qui se reposent et ne produisent plus de lait quelques semaines avant de mettre bas. Ainsi, elles seront en bonne santé au moment de la lactation après la naissance du veau puis cela aura un impact positif sur la fécondité des vaches. La bonne santé des animaux est aussi due à leur bonne alimentation.

Mars 2018

Que mangent les vaches laitières ?

Les vaches mangent une ration équilibrée : paille, luzerne, ensilage d’herbe, ensilage de maïs, maïs, soja, essentiellement produit sur l’exploitation.

Je prépare cette ration dans un bol qui pèse et mélange les produits.

Février 2018

Les colliers des vaches, ce n'est pas par coquetterie !

Toutes les vaches de notre troupeau portent un collier. A quoi servent-ils ?
Chaque vache porte un collier unique qui l’identifie.
Lorsqu’elle se rend au distributeur automatique de concentrés, une cellule identifie son collier et lui distribue une quantité d’aliments basée sur ses besoins (fonction de sa production laitière et de son cycle).
Il lui permet également d’accéder librement au pâturage.
Une antenne installée dans le bâtiment repère les déplacements des colliers et donc des animaux afin de mesurer leur activité. On s’assure qu’elles passent du temps dans leurs logettes à ruminer, qu’elles se rendent à l’auge manger et par exemple l’activité élevée d’une vache indique qu’elle est en chaleur.
Ces informations sont collectées dans l’ordinateur et sont envoyées sur nos téléphones pour suivre le troupeau en temps réel.

En plus, pour assurer le bien être de nos animaux, nous avons installé une brosse, des ventilateurs et de la musique est diffusée toute la journée car ça a été prouvé dans de nombreuses études que c’est bénéfique aux vaches !

Janvier 2018

Bonne année !

Pour cette nouvelle année, je vous présente la traite en vidéo ! Bon visionnage

 

 » Nous nettoyons les logettes matin et soir et nous remettons de la paille pour que les vaches aient une litière propre en permanence.

En même temps nous rentrons les vaches en direction de la salle de traite. En début de traite, nous nettoyons les mamelles et nous branchons les griffes qui récupèrent le lait en massant le trayon. Quand la traite est fini, les griffes se décrochent et nous les nettoyons avant d’en brancher de nouvelles. Avant de laisser partir les vaches, nous passons une mousse de protection qui bouche les trayons afin d’éviter l’entrée des microbes.

Chaque vache est identifiée et nous pouvons suivre la traite en temps réel. Ces informations sont collectées par un logiciel qui nous permet également de gérer la reproduction.

Le lait de la traite est stocké à 4°C. Le laitier le collecte tous les 2 jours. Le lait permet à ma laiterie de faire des produits de qualité pour vous les consommateurs.

Et quel plaisir de faire la traite en famille ! Ma famille adore ça ! « 

Décembre 2017

Ski en famille après les travaux de méthanisation

Comme vous avez pu le lire en Octobre, nous avons fait construire la nouvelle fosse de stockage à digestat. Pourquoi avons nous fait ces travaux ? Car notre exploitation a été placée dans une nouvelle zone vulnérable et l’Etat nous a demandé d’avoir 6 mois et demi de stockage des lisiers de nos vaches au lieu de 5 mois auparavant. La fosse précédente était alors trop petite…

Mis à part ça, pendant les fêtes, j’ai pu profiter de ma famille en partant au ski. Se fut fort agréable et ça a fait du bien de pour pouvoir redémarrer la nouvelle année avec de nouvelles perspectives.

Passez de bonnes et heureuses fêtes !

Novembre 2017

C'est l'heure de l'hivernage

L’hiver approche et nos terrains craignent l’eau ! Ils sont très argileux et donc gardent l’eau, ce qui empêche de laisser les animaux dans les prés. Nous avons dû tous les rentrer à l’abri pour passer l’hiver au chaud et au sec.

Grâce au bel automne, nous avons pu laisser environ 30 jours de plus les animaux au pré qu’une année normale. C’est intéressant car nous avons attaqué les stocks d’hiver plus tard. Ca nous a permis de gagner un mois de nourriture, ce qui est une chance si le printemps est humide !

Pendant l’hiver nous consacrons notre temps au pansage des animaux (distribution de l’aliment), le paillage, la traite et à l’entretien des bâtiments. Ca me laisse un peu plus de temps pour pouvoir profiter de ma famille ! J’en profite par exemple pour faire la traite avec ma fille de 6 ans et demi, à voir sur mon Twitter ici .

Octobre 2017

Différents agrandissements !

Tout d’abord, un premier agrandissement qui n’a rien à voir avec l’exploitation ! Ma femme a accouché de notre troisième enfant, un petit garçon qui se prénomme Manoa.

Mes associés et moi nous sommes organisés pour pouvoir me libérer du temps et être avec ma famille. Résultat : tout s’est très bien passé !

 

L’autre agrandissement, d’un tout autre genre, est une fosse de stockage. Depuis 6 mois nous sommes passés dans une nouvelle zone vulnérable et alors qu’avant nous étions contraint de stocker 5 mois d’effluents, nous sommes aujourd’hui obligés de passer à 6. Il a donc fallu construire une nouvelle fosse de stockage à digestat pour le méthaniseur (plus d’infos sur la méthanisation dans la vidéo). Le terrassement a été fait dans de superbes conditions car nous avons un temps chaud et sec.

Cette météo est aussi favorable aux prairies semées en septembre qui poussent beaucoup. Du coup nous en profitons pour les récolter ce qui fera du stock en plus de fourrages pour l’hiver.

Septembre 2017

Un mois de septembre sec

En septembre Mathieu, éleveur correspondant pour Devenir Eleveur, a récolté le maïs et l'a séché

Suite à un temps sec et chaud, la saison des moissons de maïs a été avancée car nous avons fini de moissonner. Les grains de maïs servent à l’alimentation des vaches et une autre partie pour la vente. L’avantage de ce temps sec c’est que le travail dans les champs se fait dans de bonnes conditions mais les rendements sont moyens à cause de la sécheresse.

Nous avons pu aussi semer toutes les prairies d’automne qu’on va récolter au printemps pour donner à manger aux vaches et pour faire pâturer. Avant de semer les prairies nous avons aussi mis du digestat, c’est à dire du fumier digéré par le méthaniseur (explications dans le prochain article !)

Nous avons fauché la 4ème coupe  de luzerne et nous l’avons ensuite séchée grâce à notre séchoir de bottes. Ce dernier fonctionne grâce à la chaleur produite par le méthaniseur, et sert également à sécher les grains de maïs.

Le mois prochain, j’emmène deux vaches sur le salon de l’Elevage de Clermont-Ferrand !

Août 2017

Un mois d'août inhabituellement chargé

Début août j’ai profité du calme pour partir quelques jours en famille. Mais ce repos fut de courte durée car il y avait cette année sur mon canton la finale départementale de labour et de concours de vaches Charolaises. Etant le président de l’organisation, j’ai du y consacrer du temps jusqu’à la fin des festivités qui ont été le 1er septembre. Cet événement a été une réussite ! Cela a permis à tous les jeunes de mon canton de se retrouver, de faire la fête ensemble et de nous changer un peu les idées.
En plus de l’organisation de cette finale, et à cause de la sécheresse et du temps sec, nous avons démarré sur les chapeaux de roues les ensilage avec trois semaines d’avance.

Entre l’organisation, le boulot sur la ferme, et les ensilages, le mois a été très chargé alors que d’habitude, août est une période assez tranquille.

Juillet 2017

Un mois de Juillet bien rempli !

devenir éleveur mathieu laitier

Le mois de juillet a été consacré essentiellement aux moissons : nous avions 80 hectares de blé à moissonner ce qui correspond à environ 160 terrain de foot. Une partie de ce blé sert à l’alimentation de tous les animaux et une autre partie est vendue.

Ensuite sur ces 80 hectare de blé nous avons réalisé 1400 bottes de paille de environ 300 kg, cette paille sert essentiellement à la litière de tout le troupeau : veau vache génisse… Rentrer 1400 botte de paille ne se fait pas en un jour donc ça nous a pris plusieurs jours.

Une fois cette paille rentrée, il faut gratter toutes les parcelles pour pouvoir faire germer les mauvaises herbes et semer des couverts végétaux qui serviront de pièges à nitrates. Nous en avons aussi profité pour débroussailler tous les tours des parcelles.

Nous avons également fait le regain, qui est la deuxième coupe de foin. Il ne faut pas oublier que pendant tout ce temps nous avons aussi la traite le matin et le soir à s’occuper ainsi  que tous les veaux. Le mois de juillet a donc été un peu chargé !

Juin 2017

Entre concours et moisson

concours vaches laitière devenir éleveur

Le mois de Juin était un peu particulier car il y avait beaucoup de concours de vaches ! J’en ai fait deux : le concours national à Saint-Étienne dans la Loire et un concours départemental à Bourg-en-Bresse dans l’Ain.
Un concours de vache c’est présenter ses plus belles vaches mais c’est très dur de gagner car il y en a beaucoup d’autres !
Ibiza (en photo) a fini la deuxième plus belle vache du concours à Bourg-en-Bresse ! Pour en arriver jusque-là c’est beaucoup de temps passé avec elle : de la préparation, du dressage,… mais c’est aussi ce qui crée un lien encore plus fort avec elle.

 

En même temps que les concours, il ne faut pas oublier le travail à la ferme et au mois de juin il y a les moissons d’orge. Le grain d’orge sert à l’alimentation des vaches et la paille est utilisé pour leur faire une litière confortable.

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