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L’élevage rend des services environnementaux

Elevage et environnement. Cette combinaison est souvent décriée quand on traite de l’impact environnemental de l’élevage sur l’environnement. Mais on oublie trop souvent que l’élevage de ruminants, ce sont de nombreux services écosystémiques rendus !

Des services écosystémiques, c’est quoi ? Ce sont l’ensemble des bénéfices apportés par l’élevage aux écosystèmes. Et dans le contexte de l’élevage, ils sont nombreux !

Pas d’élevage, pas de prairies !

Le maintien des prairies, préservées grâce à leur rôle primordial dans l’alimentation des ruminants, est un des nombreux services que rend l’élevage à l’environnement. Aujourd’hui ce sont 13 millions d’hectare de prairies qui sont entretenues et conservées. Mais il y a aussi les haies, les mares ou encore les talus. Ces prairies représentent une biodiversité* très importante, avec de nombreuses espèces végétales, ou animales qui s’y épanouissent partout en France. De plus, la prairie filtre l’eau de pluie et la purifie, et évite l’érosion du sol sur lequel elle est implantée. C’est une culture peu consommatrice, ne nécessitant pas d’irrigation. Certaines espèces cultivées dans les prairies permettent de maintenir la fertilité du sol, c’est le cas des légumineuses, comme le trèfles ou la luzerne. Dans de nombreuses régions de France, les prairies sont également entourées de haies, qui sont un abri pour les animaux, et une importante réserve de biodiversité (habitat de nombreux animaux et insectes).
(Source : CNE)

Parfois difficile d’accès, certaines parcelles ne sont valorisables uniquement grâce au pâturage. C’est le cas dans les zones de montagne par exemple, où le sol n’est pas adapté à la culture de céréales.

« Dans mon exploitation au cœur du Cantal, je ne peux cultiver que de l’herbe. Mon objectif est de produire le maximum de viande avec ces 60 ha de prairies, en gérant toujours mieux la pousse de l’herbe, sa fertilisation organique par le fumier, sa récolte et son pâturage, et en limitant mes achats d’aliments et d’engrais. En plus, mes prairies captent du carbone, filtrent l’eau et abritent une biodiversité très riche. »

Bruno, éleveur bovin viande dans le Cantal, pour la Vache Verte

Prairies et haies : des puits de carbones importants

Un des principaux reproches faits à l’élevage de ruminants est la production importante de gaz à effet de serre*, principalement le méthane, produit lors de la digestion des animaux. Cependant, les prairies et les haies sont ce qu’on appelle des « puits de carbone » : elles piègent le CO2, un des principaux gaz à effet de serre, présent dans l’atmosphère lors du processus appelé photosynthèse*. La production de méthane est donc en grande partie compensée par ce qui est fixé dans les prairies.

En France, le pâturage des vaches entretient chaque année plus de 12.5 millions d’hectares de prairies assurant ainsi un stockage de carbone très important.

Les vaches qui broutent, ça sert à quoi?!

Crédit vidéo : CNE

Les brebis et l’entretien des champs, ça n’a rien à voir?

Crédit vidéo : CNE

« Si je n’avais pas les brebis, je devrais utiliser plus de machines. »

Les animaux produisent de l’engrais

Les déjections des animaux, sous forme de fumier ou de lisier, sont un engrais très utile pour les cultures. Une production d’engrais sur l’élevage, ça veut dire moins d’engrais chimique importé, et moins de transport ! Le fumier et le lisier peuvent également servir à la production d’énergie renouvelable.

Crédit vidéo : CNE

Les animaux peuvent également « recycler » les coproduits de l’industrie

Pour produire de l’huile de colza, les graines sont chauffées puis pressées. L’huile est récupérée pour la consommation humaine. Mais les restes de la graine, qu’en fait-on ? C’est ce que l’on appelle un coproduit de l’huilerie : loin d’être un déchet, le tourteau est utilisé dans l’alimentation des animaux. C’est une excellente source de protéine pour les ruminants ! C’est un échange gagnant/gagnant pour les éleveurs et les producteurs locaux.

Chaque année 13 millions de tonnes de coproduits sont valorisés par l’élevage (environ 7% de l’alimentation des bovins).

« Dans une logique de recyclage territorial, je valorise dans l’alimentation de mes bovins, 1 400T de pulpes de betteraves, 470 T de pommes de terre et 180 T d’écarts de tri de cornflakes provenant d’industries agroalimentaires locales. Cela représente 60% en poids de la ration d’engraissement et cela m’évite d’acheter des céréales. »

Dominique, engraisseur de jeunes bovins dans le Bas-Rhin, pour la Vache Verte

Elevage et production d’énergie, ça fonctionne

De nombreux éleveurs sont aussi producteurs d’énergie renouvelables : photovoltaïque ou méthanisation. Ils peuvent produire de l’énergie photovoltaïque, grâce à la surface de toiture importante des bâtiments d’élevage, ou bien installer des méthaniseurs, qui sont des espèces de petites usines qui digèrent, grâce à des bactéries, le fumier et des déchets végétaux pour en faire du biogaz. Non seulement ça participe à l’environnement, mais l’éleveur diversifie aussi son revenu.

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